Un nouveau mensuel (francophone), LE TEMPS DES CRISES, vient de sortir en Suisse (romande). Le titre révèle
déjà un héritage culturel et politique, puisque ce nouveau journal fait référence à la chanson « Le temps des cerises », emblème de l’époque de la Commune de Paris qui fut une
révolution qui symbolise les luttes populaires.
Il y eut plusieurs révolutions dans la France du XIXe siècle, l’Histoire nous apprend qu’elles ont été suivies
de sanglantes répressions et qu’elles ont permis à certains secteurs de la société de tirer de grands avantages. Dans un ouvrage qui analyse la révolution de 1848, Karl Marx fait référence à un
banquier libéral nommé Laffitte qui laissa échapper ces mots lorsque le peuple fut battu : « Maintenant, le règne des banquiers va commencer. »
Aujourd’hui, suite à 160 ans de règne de la finance, le futur de la société prête à plusieurs interprétations.
A la lecture de ce premier numéro, nous constatons que la rédaction du TEMPS DES CRISES « se propose d’amener une réflexion sur le futur d’un capitalisme peut-être en fin de
course », qu’il convient « de noter le fait que bien avant l’ère néolibérale […] on retrouve régulièrement des crises dans l’histoire économique » et que « le dépassement
du capitalisme commence dans le tiers-monde ».
Afin de mieux comprendre les objectifs du Comité de rédaction du TEMPS DES CRISES, un petit historique sur la
rencontre de ses membres est nécessaire. En novembre 2007, un groupe d’étudiants universitaires se retrouve à Lausanne pour discuter de la constitution d’un syndicat étudiant de
lutte.
Le débat tourne autour de la possibilité de mobiliser la communauté liée à l’enseignement contre l’influence
croissante des entreprises sur les milieux académiques, contre la précarisation du personnel que ce soit par la sous-traitance ou par la péjoration des conditions de travail, pour proposer un
modèle de partage des connaissances dénoué de la concurrence économique, pour contribuer aux modes d’enseignement et pour susciter le débat sur le rôle des ingénieurs et des professionnels dans
la société.
Le lancement d’un nouveau syndicat s’est rapidement heurté aux questions pratiques : Faut-il fonder
un syndicat lorsque sa base ne se mobilise pas ? Quel sera la dynamique de ce nouveau syndicat ? Faut-il finalement militer dans les syndicats étudiants déjà existants ? Ces
questions n’ont pas réuni des réponses unanimes. Le dénominateur commun sembla être la nécessité d’agir sur les consciences à travers des discussions, des conférences, un journal.
Finalement dès novembre 2008, Leonardo Schmid, Wolfgang Buck et Esteban Munoz constituent un comité de
rédaction pour diffuser un journal mensuel qui ne se limite pas au débat universitaire mais qui se dirige à l’ensemble des femmes et des hommes vivant en Suisse. Wolfgang Buck reconnaît que le
Comité de rédaction « partage l’analyse de Karl Marx sur la société et ses conséquences ». Il ajoute aussi que « la tâche principale du TEMPS DES CRISES est d’être accessible
à la population » et qu’à cette fin « le lexique employé doit être simple et compréhensible ».
Bonne lecture !
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